Alfredo Benoît MOLET

 
 
  
N° 7             
BUENOSAIRES        7   JANVIER    1916     
          
    MON CHER NEVEU  EUGENE       
                                         
               j ai bien recu ton affectueusedu 21 novembre ou je note tout d abord avec vive satisfaction que tu est en bonne sante j avais quelques jours auparavent recu une lettre de francois bien portant lui aussi et to ujours dans le meme parage je crois quoique ayant change de batterie je lui repond par le memecourrier                             tu te plains un peu mon cher eugene de la motonomie de la vie a l arriere dans un patelin tres peu confortable et tu preferais la vie plus mouvementee du front     trop mouvementee quelqoefois      tant que tu seras dans le chateau au mille trous tu ne risqueras pas qu un schranel ou un eclat de marmite t en fasse un dans la tete tu as ete lontemps au peril il est juste que tu puisse savourer un peu le ferniente meme n ayant a deguster que des bistoulles  d ailleurs ne t inquiete pas ces jours ci bientot peut etre on auras besoin de toi a l avant lorsque retentira le fameux   tout le monde sur le pont  comme au moment de   la bataille de la marne ce sera peut etre meme avant que la presente te parvienne depuis quelque temps le telegraphe nous rase avec la fameuse    grande offensive allemande   sur le front des flandres  de nouveau les boches voudraient aller a  calais  quesquils attendent  que le kaiser soit gueri de so cancer  il mest tombe sous lesyeux  ces jours ci quelques pensees denapoleon  sur l art de la guerre  et je remarquait celle ci je site de memoire que notre joffre doit certainement mettre en application    le parti qui attaque perd toujours plus de monde que celui qui se defend etcelui ci a generalement  l avantage a egalite d effectifs    l expedition aux balcans t inquiete le temps seul diras si ca ete une erreur  jusqu a present ce n est pas un succes mais il faudra voir le resultat final et si la salonique deviendra une reedition de torresvedras ce point du portugal ou wellington  demolit l armee francaise commande par massena  obligeant napoleon a se retire d espagne    je suis reconnaissant  a nos parents deschamps des bontes qu ils ont pour toiet si l occasion s en presente je serai tres heureux de le leur manifester personnellement presente leur mes affectueuses salutations et toi mon cher neveu dans l attente de tes prochanes et bonnes nouvelles  recois ma cordiale embrassade de ton oncle affectueux     
                  a molet    
                        
     *deschamps nestor       usines a gaz     de ault onival    sommes                        
  a paris  hotel   denain        
  boulevard   denain   
    n"3   a   paris                              



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