Alfredo Benoît MOLET

 
 


N°10          
  buenos-aires     21 juillet     1916  à  Eugéne Molet
               
         mon cher neveu   
                                                                               
        il faut m excuser d avoir tarde a repondre a tes deux affectueuss du 10 mai et 11 juin je suis tellement pris par mes nombreuses et diverses occupations   les circonstances dues principalement a la guerre du fait que a l age ou je devrais me reposer de la lutte constante et opiniatre desyinee a m'assurer au moins une position aisée je me vois obliger de recommencer a batailler pour l'existance materielle comme lorsque je suis arrive en ce pays il serait trop long de te donner par écrit des détails sur ces véritablement tristes choses je te les raconterai lorsque nous nous reverrons après la guerre car j'espère bien que mes affaires changerons alors de face et qu'il me sera permis de me rapprocher de notre chère France et des excellents amis et parents qui me conservent leur affection ,  je reçois peu de nouvelles de Francois et je serais vraiment inquiet sur son sort si tu n'avais pas le soin de m' en informer ce qui m'inquiete davantage augmentant ma haine et ma colère contre les boches ce sont les nouvelles télégraphiques que je li sur l'évacuation brutale a laquelle ils condannent les habitants de notre malheureux département du nord un députe a déclare que plus de 20000 de ses compatriotes furent arraches a leurs familles depuis pâques et cela dans des conditions attroces avec un raffinement de cruaute extrême en pleine nuit sous la menace de bayonnettes et de mitrailleuses se complaisant a séparer les femmes de leurs maris les méres de leurs enfants nous recevons aussi la nouvelle du lâche assassinat du capitaine  fryatt en compensation de ces barbaries nous savourons les récits des grandes victoires russes sur tout limmence front en galicie au caucasse  etc.....  nous voyons enfin les anglais organises équipes et conditionnes avances avec l' admirable tenacite qui les caracterisent prenant longuevalle posiéres  le bois delville etc.... d'apres l'aveu même des allemands l' artillerie anglaise est la plus formidable que l'on ai encore vue nous meme nous progressons assez souvent sur le front de la sommes et meme du cote de verdun ou lattaque boche parait s amortir singulierement nous reprenons par d heureuse petites actions de detail qui ont coute tant de pertes a nos ennemis un petit detail dans cet ensemble reconfortantt en est comme le complement les anglais viennent de pecher le  bremen  le frere jumeau du supersoumarin   deutschland   qui a reussi la prouesse de se rendre au nord amerique et qui n ose plus s en retourner craignant le meme sort que son frere brenem mais je pense que quand tu recevras cette lettre tout cela sera deja de l histoire ancienne que   bapaume perone et soissons seront redevenu es francaises un peu ecrabouillees demolies mais les maisons ca ne souffre pas ca se reconnstruit et on profitera certainement de l occasion pour batir de nouvelles habitationsplus en rapport avec les besoins d higiene de lumiere de commodites et de confortable exiges aujourdhui les boches payerons la note et elle sera salee  voila cher eugene ce que nous pouvons entrevoir a travers les depeches de toutesprovenances que publient les quotidiens d ici voila ce que laisse tranparaitre clairement la lettre du kaiser ecritr sur le front d occident lettre pleine de jeremiades et qui semble ecrite par un fou effraye je  termine moncher neveu en t envoyant mon souvenir le plus cordiale avec tous mes voeux de continuation de bonne sante de confiance etdecourage et me repete ton oncle affectueux   
  
   
       A. MOLET  
            
PS :  au moment de terminer ma lettre j'en reçois une de Francois laquelle m'a causé, comme tu le pense un vif plaisir.









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